Bien chers amis,

A Lomé au Togo ou à Managua au Nicaragua et dans bien d’autres capitales du monde, les rues ont une particularité étonnante pour de grandes villes : presque aucune rue n’a de nom ou de numéro !
Les livreurs, les pompiers, les visiteurs se débrouillent sans. On indique son chemin à quelqu’un, en disant quelque chose comme : « Tu prends la rue où il y a une station-service puis au nord, tu tournes à gauche là où tu vois une pharmacie… »

On procédait sans doute ainsi chez nous, avant l’apparition des noms de rue vers la fin du 13ème siècle, avec le développement de l’urbanisation. Au fil du temps, des villes nouvelles sont fondées, d’autres s’agrandissent. Les rues se multiplient. Pour s’y retrouver, les habitants prennent l’habitude de les nommer. Ils choisissent des noms les plus évidents. Dans les gros bourgs par exemple, les corporations de commerçants se groupent par rue. On appelle alors rue de la Boucherie celle où se trouvent les bouchers, rue de la Vannerie celle où sont implantés les vanniers (on trouve aussi la rue des Orfèvres, des Tanneurs, de l’Abreuvoir, etc.).

Il faut juste que tout le monde puisse comprendre de quelle rue on parle quand on la nomme. Ainsi, on nommera rue du Fossé une voie qui jouxte un ravin. Et on appellera tout simplement rue Neuve celle qui vient d’être tracée : voilà pourquoi tant de voies d’origine médiévale portent encore ce nom.
C’est plus tard, que les plaques de rue sont posées. Cette généralisation inaugure la période moderne.
Villes et villages se mettent alors à exhumer leurs héros locaux. En Picardie par exemple, fleurissent des rue Parmentier, car le père de la pomme de terre est un enfant du pays. Tout au long des siècles récents, un nom chasse l’autre, au gré des changements de régimes et des événements…

Vous vous demandez certainement pourquoi cette lettre commence par ce qui pourrait ressembler à une leçon d’histoire très incomplète…
Eh bien, la raison en est simple. C’est le 12 octobre 1990 (il y a 30 ans précisément) que la rue de l’Ourcq à Courbevoie, nom d’un affluent de la Marne, a été débaptisée définitivement pour s’appeler du nom d’un grand réformateur français : Guillaume Farel !
En fait, lorsque la CMM a décidé de s’installer dans le quartier de cette ville de la banlieue parisienne, l’adresse postale était très peu réjouissante. La rue de l’Ourcq rappelait le triste souvenir d’une bataille terrible avec nos voisins allemands, qui préfigurait celle de Verdun, lors de la Grande Guerre. On raconte que la rivière qui porte ce nom charriait de nombreux cadavres et que ses eaux furent rouges de sang pendant plusieurs jours…
Comment alors vivre cette tension entre le souvenir terrible de combats meurtriers, et la belle nouvelle d’un projet de témoignage vivant pour ceux qui iraient dans chaque maisonnée avec le message de paix que procure l’Évangile ?
Sitôt dit sitôt fait, avec l’appui de nombreux décideurs et l’accord des Anciens Combattants locaux, la CMM pouvait très vite bénéficier, à l’occasion du cinquième centenaire de sa naissance, du nom si prestigieux pour la cause évangélique : Guillaume Farel !

Au fait, pourquoi avoir choisi Guillaume Farel de manière si déterminée ? 
Parce que grand témoin de la Réforme en France et en Suisse, il incarne tellement la vision que la CMM s’est fixée. Son exemple de courage dans la propagation biblique pour tous faisait de lui son modèle. La mémoire de Guillaume Farel est tout particulièrement honorée à Gap où il est né, mais aussi à Strasbourg, Metz, Neuchâtel,… ainsi qu’à Genève où il figure en bonne place sur le « Mur des Réformateurs ».
Ce qui le caractérisait était sa brûlante passion pour l’annonce de l’Évangile en toutes circonstances. Il avait une apparence frappante : de taille moyenne, maigre, avec une longue barbe rouge et des yeux flamboyants. A défaut d’être un homme d’études solitaire comme son ami fidèle Jean Calvin, ce fougueux évangéliste était un prédicateur passionné, débordant de hardiesse et d’énergie. Il adoptera pour devise : « Que brille cette épée de l’Écriture Sainte, c’est ma seule ambition ». Il écrira d’ailleurs : « Notre amour pour le Seigneur ne sait pas ce qu’est l’excès ». Ses gestes puissants accompagnaient une parole de feu aux mots saisissants. Véritable entraîneur d’hommes, il conduisait bien des hésitants à Jésus-Christ. Jules Michelet écrira à son propos : « On tirait sur lui, il riait, on le frappait, on battait sa tête contre les murs, les pavés ensanglantés, il se relevait prêchant de plus belle ». Il a su implanter, partout où il passait, les idées évangéliques dans l’esprit de milliers de gens de sa génération.
Dès sa conversion, il comprend que la Bible seule fait autorité en matière de vie et de foi. Il sera ainsi à l’origine de la première traduction de la Bible en français d’après les textes originaux et non à partir de la Vulgate en latin. Ce fut Robert Olivetan qui accepta de se mettre à cette tâche colossale. C’est cette traduction qui sera utilisée ensuite pendant quatre siècles par les églises évangéliques… Avec le développement de l’imprimerie il disait « Il faut faire imprimer des Bibles en grand nombre et que vous en ayez autant que nécessaire… ous devriez en avoir chacun une… . Très tôt, il organise le prolongement de sa prédication par la page imprimée. Il favorisa la venue de l’imprimerie Pierre de Vingle dans sa ville puis mobilisa cette imprimerie pour produire en grand nombre ses écrits sous forme de traités qui prolongeaient une parole prêchée.
Guillaume Farel méritait bien une petite rue qui porta son nom en région parisienne car c’est là que bat le cœur de la CMM !

La CMM est un ministère de relation personnelle et non d’improvisation. Les rues et leurs numéros ont donc une importance capitale. Pour elle, établir un projet, un plan d’action associé à une carte des lieux est essentiel. Ainsi, avec méthode, chaque témoin soucieux de n’oublier aucune famille de son secteur, aura tous les repères nécessaires.
N’hésitez pas à vous reporter aux modes d’actions que nous mettons à votre disposition particulièrement au travers du dépliant « La Mission à sa Porte » ! Toute l’équipe est prête à répondre à toutes vos questions et besoins.

Dans cette attente, restons unis dans la prière et le soutien,

 

PS : Les services postaux restant perturbés, vous pouvez utiliser les virements bancaires (Banque et Banque Postale) pour adresser sans problème votre offrande :

CMM UNION CHRETIENNE D’EVANGELISATION
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